122, v’là les voyous!

Bon. Cher lecteur, je m’étais promis de ne jamais écrire sur un sujet politique, tant je sais que le sujet exacerbe les passions. Mais là, je ne peux pas passer outre. 

Dans ce billet, je vais écrire mes réactions “à chaud” par rapport à l’élection d’Ueli Maurer (UDC) au Conseil Fédéral. C’est mon avis, je l’assume, et si ça te convient pas, ben… tant pis. C’est moi le seul chef à bord de ce blog! Na!

Je vais quand même tâcher de structurer un peu ce billet. Parlons d’abord du gaillard en question : Ueli Maurer. 

Je l’aime pas. Je trouve son idéologie dangereuse, ses méthodes puantes et pleine de haine. Il était le président de l’UDC tout le temps ou celui-ci s’est radicalisé, et je l’en tiens pour co-responsable. Il n’est pas le seul, mais il n’a pas rechigné non plus. Pour rappel, il est l’architecte de l’initiative contre les minarets en Suisse, a orchestré la fameuse (fumeuse?) campagne des moutons noirs, qui a fait scandale même au delà de nos frontières, et la liste est longue. Bref, ce monsieur m’est hautement antipathique. 

en plus, puisqu’il semblait que l’enjeu était là (!), je doute fortement de sa capacité à respecter les institutions. Comme son collègue de parti Christoph Blocher, qui a été évincé pour ces raisons, il a mené depuis des années des campagnes très dures d’attaques du gouvernement, et bien souvent des attaques ad personam, ce qui n’est pas digne d’un homme d’Etat. Mais concernant cette question, seul l’avenir nous dira ce qu’il en est. Espérons que je me trompe… 

Selon toute vraisemblance, il héritera du département de son prédécesseur, c’est-à-dire l’armée et les sports. Ce qui, à mon sens, amoindri son pouvoir de nuisance. Au mieux, il fera faire des économies à l’armée (et là, ma foi, je suis pas contre). Mais se consoler avec ça, c’est une vision à court terme : dans les prochaines années, on peut raisonnablement s’attendre à des départs de conseillers fédéraux, laissant le champ libre à une nouvelle répartition des départements. 

A bien y réfléchir, certains Conseillers en place le sont depuis un certain temps déjà (M. Leuenberger, DETEC, élu en 1995; P. Couchepin, DFI, élu en 1998), ou ont eu des problèmes de santé (H-R Merz, DFF, élu en 2003), ou encore ont une légitimité très contestée (E. Widmer-Schlumpf, DFJP, élue en 2007). Bref, il y a là un monde de possibles pour atteindre des départements où l’action de M. Maurer serait potentiellement beaucoup plus nuisible, tant les positions de son parti en matière de politique énergétique et environnementale, sociale, fiscale et d’asile sont dommageables, particulièrement pour les familles à revenu modestes et moyens et les personnes à statut précaire. 

L’élection d’aujourd’hui lui donne effectivement accès au Conseil Fédéral, mais avec la plus petite légitimité possible : 122 voix contre 121, avec une majorité absolue à… 122 voix. Et ce au troisième tour seulement. Bref, il va avoir de la peine à trouver des majorités dans l’exercice de ses fonctions.

Bref, c’est un sentiment partagé qui m’habite en ce moment : entre désillusion (j’y reviendrai) et résignation… Mais j’attend de voir ce qu’il va faire. Sans grands espoirs… 

Enfin, j’aimerai dire quelques mots sur le parlement. Leur vote d’aujourd’hui me déçoit. Comment 122 personnes, élues par le peuple, sensées être au courant de la politique de ce pays, ont pu se faire berner par deux semaines de paroles mielleuses? ça fait des années que Ueli Maurer sévit et agaçe la classe politique, et là, en deux semaines montre en main, il serait devenu un autre homme, respectable et fréquentable? Apparement, 122 élus ont la mémoire de poissons rouges. 

Et honnêtement, je sais pas ce qui me fait le plus peur : Maurer au Conseil Fédéral, ou les 122 guignols qui l’ont élu… 

Bref, je sui triste, pour ce pays et pour toutes les personnes qui le compose, citoyens ou non, riches ou pauvres, engagés en politique ou désintéressés.

2 Réponses vers “122, v’là les voyous!”


  1. 1 Madame Poppins 18 décembre 2008 à 8:07

    En préambule, moi non plus, je n’aime pas U. Maurer. Mais n’empêche, je parie que tu as été heureux le jour où ces 122 guignols ont osé faire partir Blocher du CF, rappelle-toi ! A mon sens, leur problème, c’est qu’ils ne sont pas constants !

  2. 2 Jérémie 18 décembre 2008 à 9:11

    Absolument, Madame Poppins. Je voulais d’ailleurs le dire, mais ça n’a bizarrement pas émergé dans mon billet. Je trouve que ce manque de constance est en grande partie ce qui fait perdre sa crédibilité au parlement.

    Et sur un tout autre registre, je suis très flatté de te compter parmi mes lecteurs-commentateurs. Merci!


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