Cette invitation à la prudence n’est pas – en aucun cas – l’expression d’un attentisme tout helvétique. Non, aujourd’hui, et pour mettre fin à une attente qui n’a que trop duré, je vais terminer la série d’articles sur le rasage. Alors prépare ta lame, cher lecteur, et allons-y!
Lors des précédents épisodes, aussi lointains que palpitants, nous avions vu mes premiers pas (émouvants s’il en est) dans l’art du rasage, comment choisir l’instrument tranchant, comment choisir l’instrument poilant et comment s’en mettre plein la face.
Bref, cher lecteur, tu es donc prêts pour le meilleur des rasage.
Nous allons procéder en quatre passes (la quatrième est facultative, mais c’est elle qui fait vraiment la différence… on verra ça en temps utiles). Pour bien se raser, la question essentielle est de bien connaître son poil. Pas besoin de faire lui faire la causette et de s’intéresser à sa vie… s’attacher de trop près ne rendrait le moment de la séparation que plus douloureuse (ce qu’on veut justement éviter). Non, ce qui est important, c’est de savoir dans quel sens il pointe. Pour ce faire, avant de vous raser, passer votre doigt sur votre visage, en faisant des petits cercles. Vous sentirez tout de suite quel est le sens su poil.
Le plus souvent, le sens du poil va en direction du menton. Mais ce n’est de loin pas toujours le cas. Pour ma part, c’est valable sur les joues, mais au niveau du cou, mon poil va en direction d’un ligne qui se dessine sur ma carotide. Quand on sait que les points de jonction sont délicats à manoeuvrer, on se dit que c’est vraiment pas de bol… Mais avec un peu d’habitudes, ça passe.
Donc, maintenant que nous avons fait connaissance avec notre poil, il va falloir le trancher. La première passe va se faire dans le sens du poil. Cette passe sert surtout à enlever beaucoup en longueur, sans aller nécessairement trop près de la peau. On va donc tenir le rasoir avec une certaine souplesse, et ne pas appuyer la lame sur la peau comme pour aller chercher le poil à la racine. En faisant ça, c’est le meilleur moyen de se couper.
En effet, quand on « dégrossit » la barbe, il y a des poils relativement durs et longs qui vont se coincer dans les lames, et qui vont agresser la peau si on appuies trop. On va donc profiter que l’on travaille par touches successives pour ne pas y aller à la hache.
Tout au long du rasage, le geste sera la même, c’est-à-dire des petits mouvements sur une longueur de deux à trois centimètres, à raison de deux mouvements par seconde, voir un peu moins. Ça peut paraître futile, mais ce geste et celui qui allie le plus efficacité et détente. Tu verras, cher lecteur, ce geste a quelque chose de zen…
Entre la première et la deuxième passe, je suggère de rincer le visage à l’eau chaude, histoire d’enlever tous ces gros poils, et de bien préparer pour la deuxième passe. Et bien sûr, on remet de la mousse!
Deuxième passe : on va attaquer le poil à 90°, voir un peu moins, mais surtout pas à rebrousse-poil. A ce stade-là, on arrive déjà à un rasage relativement présentable, en tout cas visuellement. Au touché, c’est encore pas ça, mais ça viendra.
Pour le troisième, on ira à 90° également, mais dans l’autre sens, et cette fois un petit peu à rebrousse-poil. Attention, quand je dis ça, c’est 95° ou 100° par rapport au sens du poil, hein, pas plus!
Les deuxièmes et troisièmes passes permettent de raser de près, sans irriter la peau. Là encore, on appuiera pas trop avec le rasoir. On le tiendra peut-être un peu plus fermement que précédemment, mais c’est tout!
La quatrième passe, à rebrousse-poil, est facultative. C’est elle qui donnera le meilleur des rasages, mais c’est aussi elle qui est le plus susceptible de vous irriter la peau ou de vous laisser avec des coupures. Si vous sentez que votre peau est déjà un peu tendue (parce que la lame est un peu vieille, ou alors justement trop neuve, par exemple), abstenez-vous. Votre rasage en trois passes devrait déjà être une avancée nette par rapport à ce que vous aviez l’habitude d’avoir.
Mais si vous voulez aller jusqu’au bout, remettez de la mousse, et allez-y, avec douceur. Là encore, pas besoin d’appuyer : la lame à rebrousse-poil va tout naturellement aller chercher le poil au raz de la peau.
Une fois la quatrième passe terminée, vérifier que vous n’avez pas oublier un coin en passant vos doigts sur votre peau (avant de rincer!), en faisant des petits cercles : vous sentirez tout de suite si il reste des poils. Auquel cas, remettez un peu de mousse à l’endroit en question, et corrigez.
Voilà, vous avez le meilleur des rasages!
Maintenant, il faut terminer l’opération : rincer votre visage d’abord à l’eau chaude, puis à l’eau froide (pour fermer les pores et retendre la peau). Puis passez un baume après rasage non alcoolisé (non, l’after shave n’est pas une bonne solution : l’alcool dessèche la peau, et au prochain rasage, c’est les coupures assurées!).
Voilà! et n’oubliez pas : jamais on n’essuie son visage avec un linge avant, pendant ou après le rasage. On laisse sécher à l’air libre!
Comme d’habitude, j’espère ne pas avoir été trop barbant!
IL aurait été intéressant, dans le but avoué d’attirer la gente féminine, de procéder à un comparatif des différents modèles de rasoir pour femmes : peut-être dans un prochain billet ?
Je dois avouer ne pas être un expert en la matière… mais je peux essayer de me renseigner. ou alors nous pourrions envisager une collaboration inter-blog? ce serait avec plaisir…
J’espère que maintenant que tu as terminé ta virile série tu ne vas pas laisser ton blog se déssécher comme une vieille peau. Ce serait bien dommage que tu ne viennes plus le nourrir de ton humour acéré et de tes petites remarques bien senties!
Bon; c’est vrai que, je l’avoue, côté idées inutiles, je ne me fais pas trop de soucis: tu as largement assez d’imagination… (c’est un compliment, au cas où)
Merci milimuss!
Promis, je vais trouver des choses inutiles à raconter. Histoire de t’occuper pendant les cours de TP…